Nous sommes le 23 Mai aux environs de 8h00. Je suis dans le bus en partance pour Xiengkhouang. Détestant être en retard, il m’arrive donc d’être souvent…trop en avance; il me faut attendre encore 30 minutes !
Pour combler cette attente, j’engage la conversation avec mes voisins. En France, et je suppose dans d’autres pays civilisés, je n’aurais jamais osé parler avec des inconnus de peur d’être rabrouer. Dans ce pays, n’ayez aucune crainte, les gens aiment discuter et chacune de leur réponse commence toujours par leur plus beau sourire !
Enfin, le bus est complet; je vois les mécaniciens s’activer. Les passagers s’agitent aussi pour trouver leurs marques dans l’habitacle; un voyage de 7h30 exige un maximum de confort !
Le moteur se réveille de sa léthargie et toute sa carcasse en frissonne. Il est 8h30, nous partons donc à l’heure pour Xiengkhouang. A peine le bus a-t-il avalé quelques kilomètres que mon estomac me rappelle à l’ordre. je calme ce grand gourmet d’un bon repas constitué de riz gluant et de bœuf.
Je craignais d’avoir à supporter un trajet interminable mais il se transforme en quelques minutes en une véritable croisière; tout le monde plaisante, joue, chante, parle du temps, se raconte des histoires. Je suis convaincu qu’on ne peut trouver ailleurs une telle convivialité. A la fin, j’ai l’impression d’être en famille !
A 13 heures, le bus s’arrête pour permettre à ses voyageurs de se restaurer. Personnellement, je commande une bonne soupe à 10000kips !
Le mécanicien et son second profitent de cette halte pour changer les pneus: les routes de mon pays usent autant les pneumatiques que ceux-ci dévorent les kilomètres. S’il fallait leur donner un caractère, je dirais qu’elles sont brutes et versatiles ! Elles prétendent aller dans une direction et sans prévenir elles vont brusquement à l’opposé !
Les paysages que nous traversons sont si envoutants qu’ils nous invitent à se plonger dans le temps et dans l’imaginaire. Ne seraient-ils pas peuplé de dinausores, d’animaux sauvages et sanguinaires, étranges ou inconnus, peut-être cachent-ils des royaumes à découvrir, des magiciens ou… des roys (esprit) ou des spectres, des …
Décidemment cette nature m’enivre; j’ai même cru voir une montagne bouger!!
Plusieurs fois, j’ai cru traverser d’énormes tunnels mais en vérité, les feuillages d’arbres gigantesques courant le long de la route sont si denses que le soleil en a été chassé.
Ces arbres majestueux semblent vouloir nous protéger de cette faune imaginaire !
Enfin, notre bus arrive à destination. Ce nouveau décor chasse de notre mémoire ces appels à l’imaginaire des forêts de mon pays.
Les adieux aux autres voyageurs se font un peu dans la tristesse; nous avons passé un agréable moment ensemble !

A peine me posé-je la question de l’hébergement que l’Hôtel Banna Plain of Jars me tend les bras!
Sitôt que j’entre dans l’établissement, j’éprouve une grande satisfaction; jusqu’à présent je ne suis tombé que sur des établissements de qualité !
Celui-ci m’offre pour 8000kips la nuit; internet, wc, douche, ventilateur, télévision et le fin du fin; un service souriant à vos ordres. A Paris, il y a des hôtels arborant cinq étoiles; ils sont équipés de toilettes en or, ils ont un personnel au garde à vous. Ici, toutes les étoiles sont dans le cœur du personnel; ils vous assurent un excellent confort, un accueil souriant et convivial, une écoute certaine …
Avant d’entamer ce que je considère être un pèlerinage; la visite de la plaine des jarres, je me restaure dans le restaurant du coin. Croyez-moi si vous voulez mais il suffit que je regarde la photo de cette assiette pour me rappeler le plaisir à la déguster; j’en bave !
La grande avenue de Xiengkhouang se déroule jusqu’à se perdre dans les montagnes. Dans quelle contrée mystérieuse s’évanouie-t-elle ?
Me voila à présent devant l’entrée des trois sites de la vallée des Jarres.
Les tickets achetés, mon cœur s’accélère sous l’effet de l’émotion.
Cet emballement n’a rien à voir avec la magie des lieux et à son aura liée à ses mystères archéologiques !
J’entre comme on entrerait dans un mausolée; la plaine des jarres est le cimetière d’une histoire effacée par les millénaires.
Les jarres semblent jaillir de la terre à mon approche. Elles semblent vouloir me murmurer des secrets oubliés ! La nostalgie d’une gloire passée fait alors vibrer mon cœur.
Pour qui donc étaient ces jarres gigantesques ? Des géants ? Des rois avides d’or et de pierres précieuses ? Ou tout simplement pour protéger les récoltes de tous les fléaux du monde ?
En un flash, Je vois nos ancêtres en train de les tailler, de s’adosser sur elles pour boire et manger, dormir et parler.
Naïvement, je regarde dans quelques jarres, espérant y découvrir un objet qu’un ancêtre aurait laissé à mon intention; on ne sait jamais !
En partant du site, je sens déjà une nostalgie m’envahir. Je suis un arbre gigantesque dont les racines plongent dans ce sol et dont les ramures se parent de jarres!

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