L’horloge de la gare affiche 11h26. Je m’approche du guichet pour demander des tickets pour Xamneua.
«_ 19000 kips par personne, s’il vous plait ! »
_ voilà ! Où le départ se fera ?
_ Sur le quai numéro 9.
_ Combien d’heures de route, s’il vous plait ?
_ 18 heures de route ! »
Peut-être ai-je fait une grimace mais il tient à me rassurer :
« _ Rassurez-vous, nous avons des bus VIP, vous aurez un confort en adéquation avec le trajet. Et puis, nous avons les meilleurs mécaniciens du pays… si ce n’est du monde ! »
Je suis rassuré… Il faut cependant acheter de quoi nous se désaltérer et remplir un petit creux. Quelqu’un me conseille d’acheter un masque pour se protéger de la poussière des routes.
Youpi !!! Il est 14h07; le bus quitte sa torpeur, le moteur rugit de colère. Nous quittons Ventiane !
A peine avons-nous fait 60 kms que le chauffeur arrête le bus. Y-a-t-il un problème technique ?
« _ Messieurs mesdames, je vous prie de descendre ! »
Personne ne proteste, mais cet arrêt est encore un prétexte à parler de soi, de sa famille, à se connaître, à rire.
« _ Cet arrêt, nous explique le chauffeur est nécessaire. Nous devons changer les pneus »
Il ne leur a fallu que douze minutes à peine pour les remplacer. Le guichetier a raison; ceux sont des pros.
On m’explique que les routes sont si sinueuses que les pneumatiques s’usent très vite.
Au cours du trajet nous nous sommes arrêtés assez souvent à la demande même des passagers, pour de multiples raisons; une envie pressante, une bouteille à remplir etc.. et personne ne râle de ces arrêts intempestifs, au contraire, chaque arrêt provoque son flot de boutades, de rire….tout sa fait dans la bonne humeur !
En début de soirée, le bus marque un arrêt devant l’entrée d’un restaurant; une pause casse-croute s’impose en effet !
Le restaurant est chaleureux, décoré de belle façon. Les tables propres et bien espacées. Le carrelage du sol nous assure une fraicheur certaine. Les boiseries conférant au restaurant une grande classe, je craignais que la note fut salée. Or il n’en est rien; 15000 kips pour une soupe Pho, 3000kips pour une bouteille d’eau de source ! Le guide Michelin devrait l’inclure dans sa liste des 4 étoiles !
La nuit tombe ! Nous allions profiter d’un repos bien mérité quand soudainement la sono du bus VIP déverse des tonnes de décibels. Nous nous regardons, étonnés. Je me dis; peut-être la société a-t-elle organisé une discothèque ambulante ?
Il n’en est rien; si la musique fait résonner le bus jusqu’aux essieux, c’est parce que les chauffeurs ont peur de dormir au volant !!
A leur décharge, il faut dire que les virages sont nombreux et très… joueurs ! Si j’avais su qu’une discothèque était cachée dans ce bus, j’aurais acheté avec les masques des protections auditives !
Il est 8h00, nous sommes arrivés à l’heure ! Encore étourdis par le trajet, je descends et je décide de me dégourdir les jambes. Je m’arrête net: devant moi s’étale un paysage extraordinaire. Une petite ville serpente les collines le long de rizières. En toile de fond, tout un ensemble de collines de toutes les tailles semblent se grouper autour de la cité. La variété des couleurs qui s’offrent à nos yeux fournirait au peintre le plus exigeant toutes les teintes de son humeur !
Les enfants de ma cousine viennent nous voir; le petit garçon porte un regard de chef, il prend au sérieux son rôle d’ambassadeur ! Les petites sourient timidement.
Après un quart d’heure de marche, nous arrivons à destination. Bien qu’il soit 8h30, nous entamons un véritable repas. Au Laos, on mange trois repas copieux, le matin le midi et le soir. J’espère ne pas rapporter en France des kilos en trop !!
Nous suivons nos hôtes; Voici la cuisine… la terrasse… le séjour ou Monsieur et Madame la patronne nous attendent. L’aménagement est simple mais les photos ne peuvent restituer les sensations de douceur et de paix que dégagent ces murs.
L’accueil de mes hôtes est chaleureux et convivial. Dans cette bonté d’âme, j’y ai vu aussi une grande sagesse !
Dans ces pays riches où le bien-être est synonyme de consommation, de frustration à compenser… ici, le bien-être se partage !
J’ai visité les rizières. Elles ont eu sur moi un effet apaisant, serein, appelant à la méditation. J’y ai trouvé la même ambiance que celles des temples. A un détail prés, le moindre souffle d’air me semblait être une caresse prodiguée par elles.

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